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Full Version: EDF: près de la moitié des barrages hydrauliques vétustes
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Alors que selon un rapport confidentiel d'EDF, révélé par le mensuel économique Capital dans son édition de mars, près de la moitié des barrages hydrauliques en France du Groupe énergétique présentent des signes inquiétants de vétusté, EDF a indiqué jeudi qu'il allait engager un programme d'investissement de 500 millions d'euros sur la période 2007-2011 pour la maintenance de ces ouvrages.

Espérons qu'aucun incident d'importance majeur n'ait lieu entre temps, car certains d'entre eux feraient peser un réel danger sur leur environnement.

I – EDF : des barrrages vétustes

A la suite d'un grave incident survenu le 29 janvier 2006 sur le barrage de la Tuilières, en Dordogne, où la rupture d'une vanne a entraîné le déversement subit de 5 millions de mètres cubes d'eau, la Direction production et ingénierie hydraulique (DPIH) d'EDF a inspecté les 450 barrages déployés en France (essentiellement dans les Alpes et le Centre). Un rapport de synthèse confidentiel a été établi en août 2006, recensant les problèmes diagnostiqués par les ingénieurs hydrauliciens.

Sur 450 barrages exploités dans l'Hexagone par le groupe , 200 présentent des signes inquiétants de vétusté, affirme Capital, qui s'est procuré un rapport confidentiel établi en août 2006 par la division production et ingénierie hydraulique d'EDF (DPIH).

Une centaine de ces barrages jugés dangereux font même peser de réels dangers sur leur environnement immédiat, poursuit Capital, qui cite des affaissements de terrain, destructions de routes et inondations de villages comme conséquences. Les problèmes sont essentiellement concentrés dans les Alpes, mais les barrages du Massif central et des Pyrénées sont également concernés.

II – Programme de maintenance de 500 M EUR

EDF a indiqué jeudi qu'il allait engager un programme d'investissement de 500 millions d'euros sur la période 2007-2011 pour la maintenance de ses barrages hydrauliques, après ces informations de presse révélant la vétusté des barrages du groupe français. "EDF a décidé d'engager un programme considérable d'investissements de maintenance", affirme le groupe dans un communiqué. "Cette décision du président d'EDF a d'ailleurs été inscrite au plan moyen terme des investissements du groupe", précise le texte.

Ce plan d'investissement a bien été validé par la direction du groupe, contrairement aux affirmations du magazine, a précisé une porte-parole d'EDF, confirmant l'existence de ce rapport confidentiel.

La DPIH a prévu un programme de réhabilitation, baptisé "Super Hydrau", consacrant entre 500 et 550 millions d'euros sur cinq ans à la rénovation de 200 installations, avait affirmé quant à lui Capital. La rénovation du seul barrage de Tuilières (Dordogne), dont les vannes rouillées sont tombées dans le fleuve libérant 5 millions de mètres cubes d'eau, nécessitera jusqu'à 80 millions d'euros d'investissements, soit près de 20% du budget de Super Hydrau, estime le journal.

"Les ouvrages hydrauliques sont conçus pour une durée de vie qui dépasse le siècle", répond EDF, précisant que "l'âge moyen des centrales hydroélectriques d'EDF n'est que de 50 ans et elles affichent des niveaux satisfaisants de performance et de sûreté". "Un contrôle systématique des ouvrages et des opérations d'entretien sont menées régulièrement", rappelle le groupe, qui admet cependant que ses "installations sont davantage sollicitées que par le passé, en particulier pour faire face aux pics de consommation".

Le PDG d'EDF Pierre Gadonneix, interrogé jeudi sur la radio Europe 1 sur l'utilisation des profits records du groupe, a affirmé qu'il allait "relancer l'investissement et de façon massive" avec pour objectif de "doubler le rythme d'investissement en France" en trois ans. "C'était nécessaire. EDF a un formidable patrimoine de production (...) et nous n'avons pas investi depuis dix ans. Il est urgent de rénover, de moderniser et de développer ce patrimoine", a-t-il admis. EDF a annoncé mercredi des profits records en 2006, avec un bénéfice net de 5,6 milliards d'euros, en hausse de 73,5%, pour un chiffre d'affaires de 58,9 milliards (+15,4%).

III – Les barrages en France et leur sécurité

La France compte environ cinq cents barrages qui représentent moins de 2 % du parc mondial. Parmi ceux-ci, quatre cents sont des ouvrages intéressant la sécurité publique, dont 89 « grands barrages ». Dans le monde, on compte 35 000 à 40 000 grands barrages dont 80 % sont inférieurs à 30 m et seulement 1 % supérieur à 100 m. Quelques grandes catastrophes mondiales très connues ont fait plus de 1 000 morts, mais la plupart des ruptures n’a pas causé de pertes en vies humaines, soit parce que le barrage dominait des régions peu habitées, soit parce que l’alerte avait été donnée à temps. Ainsi, la rupture du barrage de Teton (États-Unis), le plus haut barrage rompu (93 m), n’a causé que 11 morts. Et sur les quatre ruptures enregistrées en Europe depuis 1980, trois n’ont provoqué aucun décès. Cependant, en France, 540 personnes ont été victimes de ce phénomène en un siècle.

Le risque « rupture de barrage » entre dans la catégorie des risques technologiques. Les causes ainsi que les mécanismes en jeu lors d’une rupture sont variables en fonction des caractéristiques propres au barrage.

Des problèmes techniques peuvent entraîner la rupture d’un ouvrage. Il peut s’agir d’un défaut de fonctionnement des vannes permettant l’évacuation des crues ou bien d’un vice de conception, de construction ou de matériaux. Le type de barrage, les matériaux utilisés, la nature des fondations ainsi que l’âge de l’ouvrage vont avoir une influence sur l’apparition de ces problèmes.

Cependant, l’évolution des techniques de construction rend les barrages modernes beaucoup plus sûrs. Des causes naturelles peuvent également être à l’origine de rupture de barrage. Il en est ainsi des crues exceptionnelles, d’intensité supérieure à celle retenue pour le dimensionnement des ouvrages évacuateurs, appelée crue de projet. Le niveau de sécurité retenu est généralement compris entre la crue millénale et la crue décamillénale.

Le risque de rupture brusque et inopinée est considéré comme très faible, voire nul. La situation de rupture paraît plutôt liée à une évolution plus ou moins rapide d’une dégradation de l’ouvrage susceptible d’être détectée par la surveillance et l’auscultation. Les barrages en remblai peuvent être touchés par une rupture progressive, causée par un phénomène d’érosion externe ou interne. L’érosion externe est engendrée par des circulations d’eau, même peu importantes, sur la crête des barrages. Le mécanisme d’érosion s’amorce à partir du bord aval de la crête et progresse jusqu’à ce qu’une brèche soit ouverte. Le phénomène peut durer quelques minutes à quelques heures selon la taille des matériaux, leur cohésion, le revêtement de la crête, la hauteur de l’eau qui s’écoule au-dessus du barrage. L’érosion interne correspond à l’entraînement des matériaux au sein du corps de l’ouvrage ou de sa fondation. Elle est provoquée par des percolations excessives à travers l’ouvrage. Le conduit de fuite s’agrandit par érosion jusqu’à provoquer l’effondrement de la structure. Les barrages en maçonnerie ou en béton sont menacés par une rupture instantanée partielle ou totale, produite par renversement ou par glissement d’un ou plusieurs plots.

Sources : AFP, capital, Prim.net
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Encore plus inquiétant quand on sait que du aux changements climatiques, les pluies européennes vont devenir plus abondantes et surtout plus intenses par périodes, ce qui mettra encore plus à rude épreuve ces barrages déjà fragilisés.

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